C'est dans le cadre de l’édition 2016 d’En quête d’ailleurs, qui porte sur le «Numérique et développement : les outils qui changent tout», que j'ai rencontré avec ma collègue Martine Salomon cette dame au moral incommensurable. Notre visite entre dans le cadre d’un reportage sur le triptyque homme-machine-handicap. Car dans le domaine du handicap aussi les nouvelles solutions numériques peuvent améliorer le quotidien des personnes concernées.

Et «Béa», justement, dispose du James IV, une technologie mise au point par la Fondation Suisse de Téléthèse (FST) pour permettre aux personnes vivantes avec un handicap d’interagir avec leur environnement. Et très vite on se rend compte qu’elle a vraiment réussi à briser la barrière du handicap.

Mieux, après avoir échangé avec elle, à son domicile de Fribourg, on en ressort plus motivé, plus «amoureux de la vie», comme elle le dit. «Béa» stimule en quelque sorte cette envie de vivre, avec cette force mentale qui lui permet d’aller toujours au bout de ses forces physiques.

Son désir qui n’a pas été stoppé par la maladie. Pour elle, «la vie vaut la peine» et «il y a toujours du positif dans le négatif». Ces conseils, Béa les donne aussi bien à son assistante, à qui elle enseigne la langue française, qu’à ses hôtes, ou à des personnes dans la même situation qu’elle. Cette gaité incroyable pour une personne qui ne parvient qu’à faire bouger la tête, provoque inévitablement un choc inexplicable.

Texte: Jean Michel DIATTA