Lors d'une première rencontre, un directeur de département à l'Université coupe systématiquement un interlocuteur pourtant bien plus pertinent ou, du moins, moins cérémonial que lui. Ce chef est manifestement d'une caste supérieure et souhaite rappeler son rang à son collaborateur, explique mon partenaire indien Nrupathunga.

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Rencontre à l'Université agricole de Bangalore (UAS)

Les postes gouvernementaux restent toujours réservés en vertu de la discrimination positive aux membres des deux castes de commerçants et d'agriculteurs. Ces personnes totalisent tout de même plus de 80 % de la population.

Cette répartition par quotas provoque l'ire des castes supérieures qui ne manquent pas de relever à plusieurs reprises au cours des conversations sur le terrain combien elle pénalise le bon fonctionnement de l'administration.

Ce qui pimente aussi les rencontres, c'est le nombre de participants imprévus qui s'y ajoutent. La discussion avec un interlocuteur se transforme assez rapidement en dialogue à quatre ou cinq. Au gré des experts invités au son d'un buzz dans les bureaux ou du voisin agriculteur qui accompagne son camarade sur le terrain.

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Rencontre à la Shimul, la coopérative laitière de Shivamogga

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Petits agriculteurs et responsables d'un centre de collecte du lait d'une coopérative

A cette mécanique se greffe l'impératif de partager sa rencontre avec une seconde réunion que l'interlocuteur a convoquée quasiment en même temps et sur le même site. Le directeur de coopérative laitière, d'un centre de recherche sur la sériciculture ou du plus grand marché d'Asie de commerce du ver à soie est multi-tâches.Tout en vous parlant, il convoque une autre réunion, passe un coup de fil, ou signe ou amende plusieurs documents.

Comme sur les routes, une vraie mélodie à l'indienne.

Laurent Sierro